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  • Lookbook anarchiste : comment s’habiller pour la révolution ?

    La montée du fascisme, les crises successives provoquées par le néolibéralisme, le retour du colonialisme, les services publiques qui se cassent la gueule… ça sent la révolution non ? Retrouvez dans cet article tous nos conseils pour manifester une insurrection populaire en triant vos placards et éviter les fashion faux-pas révolutionnaires.


    Tour d’horizon intersectionnel des tendances révolutionnaire 2025

    Pour répondre au quiet luxury du capitalo-fascisme, les silhouettes révolutionnaires devront se distinguer par leur ma(r)ximalisme et leur intersectionnalité tout en signant le retour de la joie dans la convergence des luttes. Tour d’horizon anarchique des tendances insurrectionnelles. 

    La révolution sera intersectionnelle ou ne sera pas.

    Anticapitalisme écologique : entre boycott et upcycling

    Pour les plus fortunés d’entre vous, il sera difficile d’associer lutte des classes et tenues issues des derniers défilés de la PFW, la plupart des marques de luxe étant possédées par d’odieux milliardaires prêt à tout pour réduire les peuples en état de servitude ! LVMH, possédé par l’homme le plus riche du monde, ne compte pas moins de X marques de vêtements dont : (liste) etc. 

    Alors si vous comptiez transporter des pavés dans votre city bag Balenciaga, les choses peuvent sembler compromises. Sans compter que le boycott anticapitaliste ne peut s’arrêter aux marques de luxe… Pour autant, hors de question de jeter des vêtements encore portables ! Seule solution : l’upcycling 🙂

    A la veille de la révolution, prenez le temps de personnaliser vos vêtements logotypés avec un statement anticapitaliste : « Eat the rich » , « La propriété c’est le vol », … Portée en oversize, undersize, déchiré, mal apprêté, dépareillé : quoique vous portiez,  assurez-vous de transgresser les codes d’une bourgeoisie bien « proprette » et autoritaire. Boutonnez dimanche avec lundi et portez les cravates autour de la tête.

    Vous n’avez pas de vêtements de marque à détourner ? Bravo ! Et pas d’inquiétude, les jours de manifestations sur les Champs Elysées, les boutiques font souvent des opérations « vitrines ouvertes » (également sur avenue Montaigne).

    Héritage esthétique révolutionnaire : un vestiaire riche et intemporel.

    Les luttes contre l’oppression ne datent pas d’hier, et ses symboles non plus !

    Pour les Français, il est toujours possible de ressortir le bon vieux gilet jaune de la saison révolutionnaire dernière, pour une France des ronds points et contre la retraite à point. 

    Si vous manquez d’inspiration pour vos ateliers pancartes et personnalisation de t-shirts, n’hésitez pas à puiser dans les slogans qui ont déjà fait leurs preuves – quitte à les moderniser : « Sous les pavés, la plage » (Mai 68), « Ni Dieu, ni maître ! » (Mouvement anarchiste), « no justice, no peace » (mouvements antiracistes) etc.

    En terme de couleur, on part sur des dominantes rouges et noirs. Drapeau rouge pour les mouvements ouvriers et communistes ; drapeau noir pour l’anarchie. 

    On trouve aussi la version de synthèse anarcho-syndicale (rouge et noir).

    Le tout à décliner en make-up, pin’s, ou tout simplement en sélectionnant des pièces noires et rouges dans votre garde robe. Les camaïeux sont les bienvenus.

    Le saviez-vous ? Louise Michel, icône DIY et upcycling
    Le drapeau noir, symbole anarchiste par excellence, aurait une origine pour le moins insolite ! Lors de l’insurrection de 1883 à Paris, la célèbre communarde Louise Michel mène une manifestation de sans-travail réclamant du pain. C’est alors qu’elle improvise un drapeau en attachant un jupon noir au bout d’un balai, le brandissant comme étendard de la révolte. Ce geste inspira le choix du noir comme couleur de l’anarchie : un refus des couleurs nationales, un signe de deuil pour les opprimés et un appel à l’insoumission. 

    Les deux drapeaux se déclinent également en logo pour une silhouette résolument antifasciste. Là encore, n’hésitez pas à le revisiter à votre fantaisie pour plus d’intersectionnalité.

    L’Antifa Graphics Archive propose d’ailleurs de nombreux visuels ainsi qu’un générateur de logos personnalisés

    Pour ceux qui souhaitent à tout prix s’inscrire dans une tendance léniniste du communisme, la faucille et le marteau, union des paysans et du prolétariat ouvrier, reste une tendance de fond disponible dans de nombreuses versions. 

    Enfin, impossible de parler symbole anarchiste sans évoquer l’iconique A cerclé, blanc ou rouge sur fond noir, dessiné sur au tipex sur de nombreux cartables d’adolescents.

    De retour en force cette saison, il a été conçu pour être facilement identifiable et reproduit.

    Réappropriation du workwear et trade-unionwear

    Vous êtes un travailleur opprimé par le capitalisme d’Etat ? Il est temps de rappeler aux grands patrons qui les nourrit, les soigne, entretien leur maison et construit leur bagnole  !

    Que vous soyez ouvriers, livreurs ubérisés, caissières, infirmières, travailleurs ou bénévoles associatifs … Sortez vos bleus de travail, vos uniformes, vos blouses, vos tabliers et autres vêtements techniques et customisez-les avec vos slogans favoris !

    Et pour les plus syndicalistes d’entre vous, twistez vos tenues avec la chasuble de votre syndicat préféré ou l’iconique casquette à strass CGT.

    Diversité culturelle et lutte décoloniale : venez comme VOUS êtes.

    La révolution est aussi un moment d’expression culturelle et l’occasion exceptionnelle pour un peuple de faire valoir une diversité souvent niée par les médias à la botte du néolibéralisme. Quelles que soient vos origines, faites valoir la richesse de vos territoires grâce aux tenues et accessoires traditionnels, en évitant soigneusement l’appropriation culturelle ! On pourra notamment s’inspirer des esthétiques carnavalesques, pour une touche joyeuse et résolument culturelle, issue d’une tradition festive dont l’histoire est intrinsèquement liée aux soulèvements populaires.

    Dans certaines circonstances et avec le consentement des peuples concernés, on pourra également porter un vêtement traditionnel d’une autre culture lorsqu’il revêt une signification politique particulière. Je pense évidemment au keffieh palestinien qui participe régulièrement à la visibilisation de la lutte d’un peuple actuellement victime de génocide et menacé depuis de nombreuses années. Dans ce cas, renseignez-vous sur l’histoire des items que vous empruntez et essayez de les sourcer de manière à ce que les bénéfices reviennent aux peuples concernés et non à d’obscurs entrepreneurs profitant d’une main d’œuvre sous-payée et surexploitée !

    Enfin, pour manifester votre soutien aux peuples opprimés, rien ne remplace un bon vieux drapeau. Cette saison encore, ce ne sont pas les choix qui manquent : Palestinien, Tibetain, Kanak, Libanais ou encore Congo (RDC), toutes les luttes contre l’oppression ont leur place dans les mouvements révolutionnaires.

    Inclusivité à tous les étages