Chapitre 1 — Ⓐscension Coopération

Dans lequel on trouve les moyens d’affronter la Bête

13–20 minutes
Rien ne se perd, rien ne se crée,
Rien ne se conserve éternellement,
Tout se transforme en permanence ;
Si bien que, pièce à pièce,
Le nouveau monde apparaît aux scrutateur..ices.
Caché dans l’ombre de l’ancien ordinaire
Il prendra la Bête par surprise.

Le 28 juillet 23, Olsch se réveilla dans le foyer du 13e arrondissement de la capitale Sanfraise où il loge. Il prit son petit-déjeuner habituel composé d’une demi-baguette tartinée de margarine et d’un café soluble, puis coucha soigneusement sur son carnet :

Quatre matins que je n’ai pas écrit. Les jours se ressemblent trop. Ils se ressemblent pour moi. Ils se ressemblent pour mes voisins. Ils se ressemblent pour ceux qui me tendent les sacs en papier kraft, ils se ressemblent pour ceux à qui je les tends.

Hier soir en m’endormant alors que Vai ronflait légèrement, je pensais aux couloirs de l’université où j’ai fait mes classes. Je pensais aux problèmes à résoudre, à la physique, à la mécanique des fluides, à la pression, aux calculs, aux résultats. Une configuration donnée, un résultat donné. Et pour moi, quel paramètre changer ? Quel grain de sable mettre dans quel rouage, pour dérailler la machine qui me réveille chaque matin, dans la même réalité ? Peut-être qu’aujourd’hui je rencontrerai mon grain de sable. Ou peut-être serais-je celui d’un autre.

À 11h09, il arriva place de la Chosepublique où il retrouvait d’autres livreur..ses à vélo pour capter les rares commandes des jours d’été.

À 11h43, il accepta sa première commande sur l’application e-bur eat.

À 15h22 il écrivit :

Je sais que le dernier message d’un immolé porte plus que la parole de certains vivants.

À ceux qui comme moi se sont retrouvés aliénés, voici la solution à laquelle j’ai pensé :

À 15h46, place de la Chosepublique, un homme prend feu.

Le soir même, les livreur..ses étaient réuni..es en silence place de la Chosepublique. Plusieurs centaines. Au centre, un homme — Vai — lisait le testament d’Olsch. Tous..tes écoutaient attentivement ce que le mort avait tenté de leur expliquer de son vivant. À leur départ de la place, au pied de la Chosepublique, des bougies, des photos et un message : « Tué par e-bur ».

Le lendemain, les coursier..es récupérèrent les commandes et en firent un festin à leur point de rendez-vous habituel sous le regard circonspect de bourgeois..es qui attendaient leur repas. Là, i..els discutaient, relisaient le testament, s’organisaient.

Les jours suivants, le rituel recommençait sans que les observateur..ices extérieur..es puissent vraiment dire ce qu’i..el se trame. On envoya des journalistes et des flix mais rien n’en sortit et comme i..el n’y avait aucun esclandre et que le deuil l’imposait, on laissa filer.

Dans les médias traditionnels, les propagandistes de la Bête relancèrent un débat stérile sur l’eburisation du travail et comment on pourrait peut-être potentiellement réformer pour faire en sorte que les pauvres continuent de travailler pour les riches mais sans trop se tuer trop jeune et de manière trop spectaculaire pour qu’on puisse quand même profiter tranquillement de repas livrés pour pas cher. Le débat s’effaça rapidement et sans effet à la faveur de l’été.

Le quatrième jour suivant la mort d’Olsch, les livreur..ses ont disparu. Une disparition spectaculaire puisqu’elle modifia instantanément le paysage quotidien de la ville en la privant des éclairs colorés qui se précipitaient à toute vitesse à travers rue, route et trottoir, défiant la mort à chaque instant.

Dépossédé de sa masse de travail corvéable à merci, et le temps de trouver une solution, e-bur, suivi des autres plateformes, débrancha son service et afficha un écran noir sur lequel se découpe un message de condoléances aux proches Olsch, affirmant observer « une semaine de silence en solidarité », laissant entendre de possibles améliorations de fonctionnement prochaines, tout en rejetant toute responsabilité ou engagement formel.

Mais les jours passaient, les livreur..ses ne revenaient pas et le phénomène semblait gagner toutes les villes de Sanfre où i..els officiaient.

Jusqu’au jour où, à l’approche de la rentrée, des flottes de vélos envahirent la ville. Ils allèrent de restaurant en restaurant et distribuaient des tracts :

Déçu par e-bur Eat ? Rejoignez Olsch mange.

e-bur

– Tue ses livreurs 
– S’enrichît sur le dos de travailleurs précaires
– 0 livreur et 0 repas livrés depuis le 28/07

Olsch

– Est possédé par ses livreurs
– Redistribue la valeur à ceux qui la créée
– Plus de 70k livreurs disponibles en Sanfre

Rejoignez le mouvement en devenant restaurant partenaire dès maintenant

Frais de livraisons offerts pour vos 10 premiers clients.

Le tract permettait aux restaurateurs d’adhérer à un service en tout point similaire à e-bur, charte graphique et système d’exploitation mis à part. Puis à leur tour les restaurateur..ices portèrent la nouvelle à leurs clients, qui se diffusa ensuite dans les réseaux sociaux.

En quelques jours l’application fut téléchargée plus de trois millions de fois et le service s’implanta même dans des villes où e-bur n’opérait pas.

Les coursier..es reprirent du service avec leurs vélos et leurs sacs glacières cubiques customisés à grands renforts de stickers et de patchs pour couvrir la marque de leurs anciens exploiteurs.

Pour e-bur, ce fut le début de la fin. Non seulement la branche sanfraise dut fermer rapidement faute de livreur..ses, mais en se répandant, la nouvelle de ce tour de force en inspira d’autres. Olsch diversifia son secteur d’activité aux VTC avec la même logique et d’aussi bons résultats. Puis les coopérateurs décidèrent unanimement de mettre à disposition librement le code de leur application et leurs principes organisationnels pour leurs homologues du monde entier qui voudraient suivre leur exemple. Cela fut suivi d’effets immédiats puisqu’e-bur commença à fermer ses portes dans la plupart des pays où il était installé l’année d’après.

Aeger Utum, Chronologie Exocapitaliste

Mais le phénomène ne s’arrêta pas là : mû par une lame de fond diffuse aux origines insondables, il se transforma en mouvement de désintermédiation, d’élimination des parasites entre la..e producteur..ice et la..e consommateur..ice se servant allègrement au détriment du reste du monde. Une entreprise qui consistait à mettre hors d’état de nuire les propriétaires et actionnaires qui contraignaient la production à leur profit sans jamais y apporter la moindre valeur.

Les seigneurs s’approprient les territoires, réduisent leurs habitant..es au servage, leur font construire les routes, et leur facturent au péage l’usage de ce qu’i..elles ont bâti.

Et le plus fragile des marchés c’était précisément celui de plateformes d’intermédiation, qui multipliaient à moindre frais des péages virtuels en proposant de mettre en relation des clients et des vendeurs, pour empocher de l’argent à chaque transaction.

Contrairement à bon nombre d’entreprises, ces péagistes ne pouvaient user de la propriété privée pour s’accaparer des brevets, des espaces ou des ressources essentiels au fonctionnement du marché — et donc le contrôler en empêchant l’émergence d’alternatives et donc forcer la main des consommateur..ices.

Le plus fragile des marchés était précisément celui de plateformes d’intermédiation, qui multipliaient à moindre frais des péages virtuels en proposant de mettre en relation des clients et des vendeurs, pour empocher de l’argent à chaque transaction.

Contrairement à bon nombre d’entreprises, ces péagistes ne pouvaient user de la propriété privée* pour s’accaparer des brevets, des espaces ou des ressources essentiels au fonctionnement du marché* — et donc le contrôler en empêchant l’émergence d’alternatives et donc forcer la main des consommateur..ices.

C’était le modèle économique le plus fragile puisqu’i..el suffisait que les client..es et les vendeur..ses* se mettent d’accord pour produire leur propre plateforme — ce à quoi i..els avaient tout intérêt par économie, efficacité et souveraineté — et le parasite mourrait. En somme, ce type de parasite survivait aussi longtemps que ses hôtes croyaient à son artificielle nécessité.

Aeger Utum, Chronologie Exocapitaliste


L’hégémonie sur ces marchés revenait aux premiers arrivés, premiers servis. Seuls alternatives, ces seigneurs sans terrain capturèrent l’audience
en installant la force de l’habitude et la praticité d’usage à des tarifs abordables.

Mais par hubris ce succès faute de mieux s’éroda année après année alors que les marges grimpèrent, gonflèrent les prix* et diminua la qualité du service.

Lors, des concurrents avides séduisirent les insatisfaits pour pour prendre une part du gâteau. Et au cours de la bataille des marges, ce fut aux travailleur..ses éburisé..es de payer la différence.

Dans un entretien donné à un média indépendant, Vai, le porte-parole et chargé du développement coopératif, confia qu’Olsch avait notamment été inspiré par Corn Stash, une initiative venue d’Asie qui ne tarda pas, elle aussi, à se répandre sur le monde. Corn Stash proposait aux créateur..ices de contenus pour adultes de reprendre la main sur leur plateforme en créant un dupe d’OnlyFawns via lequel i..els vendaient des contenus érotiques et pornographiques en cédant au passage 20% de la valeur qu’i..els produisaient. Le tout pour un service qui aux dires de tous..tes, n’était pas très bien conçu.

Or ces créateur..ices génèraient des milliards de profits, ce qui motiva un petit groupe à convaincre les autres de développer une application indépendante, adaptée à leur besoin et à ceux de leurs utilisateur..ices, et dont les commissions servirait uniquement au fonctionnement de Corn Stash, supprimant ainsi la rémunération d’actionnaires qui s’engraissaient sur leur sexe.

Cette idée simple séduit rapidement de nombreux..ses créateur..ices de contenus qui investirent directement et sans prendre de risque, connaissant pertinemment la rentabilité du modèle. En bon..ne ambassadeur..ices intéressé..es au succès, i..elles en firent la nouvelle application de référence, et Onlyfawns, déserté, ne fut plus qu’un mauvais souvenir.

L’argent précédemment versé aux actionnaires permit alors de soutenir les plus précaires, d’organiser une protection sociale, de mener des projets de prévention, de formation mais aussi de conversion pour cell..eux qui souhaitèrent quitter la profession.

Ce nouvel exode virtuel saigna les plateformes de distribution de contenus payantes, et entraîna la chute des plateformes gratuites, puisque de nombreux autres dupes de plateformes issus de coopération entre utilisateurs et producteurs de contenus virent la jour à la suite de Corn Stash.

Parmi les dupes libertaires, Conchord permettait à des communautés d’utilisateur..ices d’échanger, de s’organiser et de co-créer des projets ; StopHifi d’écouter de la musique en rémunérant correctement les artistes et sans financer de génocide ; OurTube de visionner des vidéos en streaming et Glytch en live streaming … Enfin des messageries chiffrées décentralisées commencèrent également à voir le jour sans propriétaire — une des dernières menaces aux échanges chiffrés de bout en bout —, permettant ainsi d’échapper complètement à l’indiscrète vigilance des États et des capitalistes. Or un système de communication invisible à l’œil de la Bête est toujours un avantage considérable quand i..el s’agit d’allier les masses contre elle.

I..El faut bien dire qu’à cette époque, tous..tes se sentaient un peu prisonnier..es de compagnies peu scrupuleuses prêtes à dévaster la neurochimie des gens, vendre leurs données aux plus offrants et manipuler massivement les réalités. Or en s’émancipant du joug des milliardaires amirécains, les applications alternatives furent à même de corriger tous ces problèmes en améliorant au passage la qualité des produits proposés.

Très vite ces nouveaux dispositifs s’imposent comme des espaces mieux modérés, où l’expression est beaucoup plus libre, la protection des mineur..es bien meilleure et les algorithmes en adéquation avec les besoins exprimés par les utilisateur..ices, en bref, bien plus agréables. Ils étaient également beaucoup moins addictifs et bien meilleurs pour la santé.

Aeger Utum, Chronologie Exocapitaliste

Ainsi fendu le net propriétaire pouvait être peu à peu réassemblé en communs, et les plus attentifs de mes lecteur..ices contemporain..es y reconnaîtront peut-être l’ancêtre de notre Coopérative Intégrale Digitale (CID), qui entretien encore nombre de ces dupes sous une forme ou sous une autre.

À l’origine de cette intercoopération se trouvaient des intérêts communs et des besoins en ressources mutualisables qui allaient naturellement structurer ce réseau. C’est d’ailleurs à cette époque que naquit la BeWater foundation dont la raison d’être était de lever des fonds et de développer un parc d’hébergement réservé au web libre, open-source, décentralisé et coopératif. Un parc de serveurs qui, placé dans des juridictions aux intérêts opposés et aux législations incompatibles un peu partout dans le monde, permettait aux hébergés de fragmenter, crypter et déplacer leurs données de telle manière qu’i..els leur était possible d’échapper à la surveillance massive des États scélérats.

Aeger Utum, Chronologie Exocapitaliste

L’inoffensive coopération, jusqu’alors confinée à l’ombre des Géants, passa donc en contrebande par les réseaux numériques, traversa les frontières et atterrit directement sur les écrans que la Bête avait placés dans nombre de mains. Mais cette fois-ci leur lumière bleue fait rayonner le Monde Prochain.

Une propagande par le fait qui entraîne un mouvement irréversible.
Des graines de
C’est possible pénètrent les terres de Déjà-là,
s’apprêtent à s’hybrider entre là-haut et ici-bas,
et faire naître de nouveaux plants, d’une fécondité indicible.

La Bête est là, nous la voyons, elle nous parle

Et nos Sanfrais dans tout ça ?

À la même période, ils faisaient face à un problème majeur de circulation et de qualité de l’information. Cette gangrène n’était pas neuve, car le paysage médiatique n’avait jamais été hors des mains des bourgeois, mais une hubris nouvelle les prenant, l’infection devenait chaque jour plus grave et irréversible.

Alors qu’ils avaient longtemps adoptés une stratégie de classe dissimulant l’intention, détournant l’attention, soufflant chaud et froid, un virage bien plus violent était en train de s’opérer. Il consistait à promouvoir de manière plus ou moins directe la transition vers un régime autoritaire, jusqu’alors utilisé comme épouvantail pour résigner le peuple à désigner un maître — tout aussi haineux et dominateur, mais bien plus présentable.

Grâce à un poison et un remède artificiels qu’elle agitait tour à tour devant la foule confuse et parfois apeurée, la Bête contrôlait jusqu’alors le commandement de la Citadelle sanfraise tout en prétendant déléguer ce choix aux urnes. C’était une forme de manipulation coercitive qui évitait la plupart du temps de mettre un pistolet sur la tempe de chaque mécontent — ce qui demandait beaucoup de ressources — en offrant la vague illusion de consentement.

Mais plus elle gagne, plus la Bête s’enhardit, et plus loin elle veut aller. Elle n’est pas de ces paresseux..se qui astreignent leur domination au maintien coûte que coûte de la stabilité. Non, la Bête est curieuse, elle veut voir jusqu’où elle pourra étendre son pouvoir, et avance aujourd’hui pour contrôler demain.

Le cirque médiatique étant la pierre angulaire de cette stratégie, c’est là que se jouait le spectacle des masques qui tombent. Tout d’abord il était important de n’inviter que des gens de droites*. Et pour respecter les règles de pluralisme, les médias invitaient également des gens de droite qui se disaient de gauche*. Ensuite on présélectionnait des journalistes peu scrupuleux..ses dont on savait d’avance qu’i..els pouvaient répéter à loisir les éléments de langage qu’on leur avait demandé d’apprendre par cœur. Enfin on durcissait chaque jour par petites touches successives la propagande pour insidieusement substituer d’arrangeant mensonges à la réalité. Jusqu’à pouvoir diffuser sans vergogne des discours de haine sans queue ni tête tenus par des invertébrés, qu’on professait comme des vérités générales.

Si bien qu’au tournant de l’an 24 les Sanfrais voyaient se multiplier des titres de presse comme « Les Nazes sont-ils si Nazes que ça ? » ou « 7 idées fausses sur les néo-Nazes, la 4e va vous étonner ! ». En 25, alors que défilaient des adorateurs du Grand Génocide euporéen dans les rues de la capitale sous la garde rapprochée des services de police, un chroniqueur commenta en direct à la télévision : « Oui on a essayé les nazes et ça n’a pas marché, mais on a jamais essayé les néo-Nazes ! Il semblerait qu’ils soient plus aslimophobe qu’antésimète. Je ne dis pas que c’est plus acceptable mais enfin, ce n’est pas comparable. Peut-être faut-il leur laisser une chance non ? C’est ce qu’on fait en démocratie en tout cas. Regardez comme ils défilent calmement en mémoire du régime qui a déporté et exterminé des millions de personnes. Ils n’ont pas l’air des barbares sanguinaires qu’on a voulu nous faire croire ! »

Vella Mei, La perversion du réel sous le capitalisme dans les centres impériaux

A tel point gangréné, l’organe médiatique il faut couper. Mais avant d’envisager l’ablation, encore faut-il savoir par quoi le remplacer.

Pour contrer l’appauvrissement galopant de son réseau d’information, il fallait en cultiver un nouveau, vierge de la vérole bourgeoise. C’est cette volonté commune qui rallia une constellation de médias indépendants — le Scoop — possédés par leur lecteur..ices et leur journalistes, qui échappaient ainsi à l’agenda des milliardaires — qui avaient tout intérêt à contrôler l’information — et de l’État bourgeois gangréné par la corruption — qui ne pouvait pas se permettre de trop bien informer la population des manigances de la classe dominante pour s’enrichir en volant aux pauvres.

Car même si cette propagande était cousue de grosses ficelles blanches et la supercherie régulièrement dénoncée, elle dominait jusqu’alors l’espace médiatique qu’elle remplit de son odieux mensonge. Cell..eux qui n’en voulaient plus avaient désormais, grâce au Scoop, accès à de nouvelles sources, encore fragiles certes, mais de petits ruisseaux sont fait les grands fleuves.

Rame ne s’est pas défaite en un jour

Pour le reste, la coopération sanfraise, quoiqu’encore discrète, se développait au-delà du monde virtuel et informationnel, et commençait à effriter, peu à peu, le monde matériel des propriétaires : des espaces pour se nourrir, pour se soigner, pour habiter, pour s’amuser, vivre, créer et s’épanouir offraient un miroir non déformé de ce que pouvait être le travail, la production et le marché lorsqu’ils n’était pas soumis aux intérêts privés de quelques-uns. Les marges fondent, les ceintures se desserrent un peu, de petites bulles d’air inattendue remontaient à la surface pour offrir un répit aux têtes maintenues sous l’eau.

Des ho..femmes firent pour la première fois l’expérience participer à la vie de la cité qu’i..els habitent, et connurent ainsi leur voix, sans patron, sans propriétaire, sans politicien, sans chef pour la couvrir de leur : « pas d’inquiétude, on s’en occupe, obéissez ».

Des fissures commencèrent à courir le long de la réalité capitaliste, en se croisant la fragilisèrent, laissant passer de fines raies de lumières, préparant les brèches de demain dans le monde des États et des propriétaires. Au moment où les patrons investissaient tout leur or pour remplacer leur main-d’œuvre par des machines, leurs employé..es apprenaient à se substituer à leurs employeurs.

Ainsi les forces laborieuses commencent à se libérer et acceptent qu’à l’évidence, ce qu’elles ont toujours accompli le couteaux sous la gorge et le ventre vide, elles peuvent le faire gorge libre, ventre plein.

Elles délaissent le maître pour les pairs,
Travaillent les un..es pour et avec les autres.

Ainsi bâtie la Forge de la Coopération,
Elle vole peu à peu les travailleurs au Capital,
Blanchit son sale argent par redistribution.
Et donnera le pur acier.

Ainsi dérobée, la Bête au flanc fut touchée
Et l’hémorragie commença,

*se référer au glossaire